La différence entre l’indice de pose (Rating) et la mesure de lumière (Metering)
À l’origine, nous avons créé ce blog pour vous aider (et aussi pour mettre en avant le travail incroyable de certains de nos clients et amis). Aujourd’hui, à travers cet article, nous espérons clarifier la différence entre deux concepts cruciaux dans le monde de la pellicule : la mesure de lumière (metering) et l’indice de pose (rating). Nous avons souvent entendu et lu des confusions à ce sujet et, comme ils sont essentiels pour comprendre et bien utiliser le film, il nous a semblé de notre devoir de préciser la distinction entre ces deux notions souvent mal employées.
L’indice de pose (Rating)
Chaque film possède une sensibilité ISO, qui signifie « International Organization for Standardization ». L’ISO indique la sensibilité nominale d’une pellicule (par exemple, pour Fuji 400H l’indice de sensibilité ISO est de 400). Cet indice est utilisé pour indiquer la quantité relative de lumière nécessaire pour obtenir une exposition correcte pour ce film donné. Il existe aujourd’hui des films dont la sensibilité varie de l’ISO 25 à l’ISO 3200. Mais quelle est la différence entre tous ces ISO disponibles, me direz-vous ?

Quelques pellicules avec différents ISO.
Nous nous ferons un plaisir de vous l’expliquer 🙂 Un film standard typique (disons l’Ektar) aura un indice de 100 ISO. Cet indice 100 indique qu’il a besoin de BEAUCOUP de lumière. Utilisez donc ce petit bijou dans l’environnement le plus lumineux possible. À l’inverse, un film de 200 ISO (comme la Kodak Gold) donnera une exposition correcte avec seulement la moitié de la quantité de lumière par rapport à un film de 100 ISO comme l’Ektar.
Utiliser de la Kodak Gold à 200 ISO, au lieu de l’Ektar à 100 ISO, vous permettra de photographier avec moins de lumière, ou avec une ouverture plus petite, ou encore une vitesse d’obturation plus rapide. Il en va de même pour la Fuji 400H ou la Portra 400, vous pouvez utiliser ces films de 400 ISO dans des conditions de lumière encore plus faibles.
La plupart des films de 400 ISO (et ceux ayant des ISO plus élevés) sont qualifiés de films « rapides » car ils nécessitent moins de lumière pour produire une image. En résumé, plus le chiffre ISO est élevé, plus l’environnement dans lequel vous pouvez photographier peut être sombre.
MAIS, si vous pratiquez l’argentique depuis un certain temps, vous avez peut-être entendu parler de certains individus malicieux qui prennent de la Fuji 400 et, au lieu de l’exposer à sa sensibilité nominale (la « box speed ») de 400 ISO, choisissent de l’exposer à 200 ISO. STUPEUR ! Que font-ils donc ?! Eh bien, ces personnes choisissent de « noter » (rating) la sensibilité du film à une valeur différente de l’ISO indiqué sur la boîte ou la cartouche. Et devinez quoi ? C’est tout à fait possible ! Certains films sont même plus performants lorsqu’on les expose différemment de ce qui est prescrit ou recommandé par le fabricant. Ainsi, lorsque vous prenez un film de 400 ISO (comme la Fuji 400 ou la Portra 400) et que vous « réglez » votre appareil sur 200 ISO, vous demandez en réalité à votre appareil de ralentir l’exposition et de surexposer le film. Et inversement, si vous utilisez un film de 400 ISO mais que vous réglez votre appareil sur 800, vous lui demandez d’exposer plus rapidement et donc de sousexposer le film. L’indice de pose (rating) signifie simplement que vous indiquez à votre appareil (ou à votre cellule à main) à quel ISO vous souhaitez exposer votre film, qu’il s’agisse de la sensibilité nominale ou d’un autre ISO que celui recommandé par le fabricant. C’est l’un des (nombreux !) avantages de l’argentique : le film est très souple quant à ce que vous pouvez en faire et à la manière dont vous pouvez expérimenter. Vous pouvez obtenir de nombreux résultats surprenants simplement en testant et en vous amusant !

« Nous pouvons indiquer à l’appareil un ISO différent de celui du film pour modifier notre manière d’exposer »
La mesure de lumière (Metering)
Maintenant que vous comprenez l’indice de pose et comment vous pouvez modifier le réglage ISO d’un film, parlons de la mesure de lumière. La mesure est extrêmement utile lorsque vous souhaitez exercer un meilleur contrôle sur votre film. Il existe deux façons de mesurer la lumière : via votre appareil photo ou avec une cellule à main. Lorsque vous mesurez avec l’appareil, vous réglez l’ouverture, la vitesse d’obturation et l’ISO souhaité pour le film que vous utilisez. Ensuite, vous regardez dans votre appareil, vers la scène que vous allez photographier, et vous observez ce que dit votre cellule interne. Parfois, le curseur ou l’affichage interne dans le viseur vous indiquera que vous allez fortement surexposer ou sousexposer votre film, et vous pourrez ajuster vos réglages en conséquence pour corriger cela. Cela dépend de l’appareil que vous utilisez, mais la plupart des boîtiers, surtout les modèles anciens, sont un peu plus approximatifs : ils ne donnent qu’une suggestion ou une idée générale de ce que vous pouvez faire pour corriger d’éventuelles erreurs avant de déclencher.

« À gauche, face à l’appareil avec la sphère sortie, nous ne surexposons pas du tout. À droite, nous mesurons la lumière qui rebondit sur le sol, ce qui nous permettra d’avoir des ombres bien exposées »
Avec une cellule à main, vous disposez du contrôle le plus absolu sur les résultats que vous pouvez obtenir avec votre film. L’inconvénient étant qu’en plus de porter un appareil photo, vous devez également transporter une cellule. Cependant, avec une cellule à main, vous pouvez saisir vos réglages et voir exactement comment vous devez exposer votre film pour obtenir le résultat souhaité. Les possibilités varient d’un posemètre à l’autre, certains ayant plus d’options que d’autres, mais la plupart vous permettront de fixer une variable particulière (que ce soit l’ISO, l’ouverture ou la vitesse d’exposition) et vous indiqueront ce que vous devez ajuster pour photographier avec le rendu voulu. Par exemple, disons que nous voulons utiliser de la Fuji 400, mais que nous voulons l’exposer à 200 ISO, et que nous voulons que notre ouverture soit réglée à f/2.0 (parce que nous adorons ce bokeh onirique). Nous pouvons entrer ces deux paramètres sur notre cellule à main (l’ISO souhaité et l’ouverture souhaitée), puis tester la lumière pour voir quel devrait être notre réglage d’exposition. Dans un environnement très lumineux, votre vitesse pourrait être de 1/500, ou dans une zone un peu moins éclairée, elle pourrait être de 1/60. Alternativement, si nous voulons photographier la scène avec une vitesse d’exposition particulière, nous pouvons fixer cette variable et tester la lumière pour voir quelle ouverture et quel ISO nous devrions utiliser selon les conditions d’éclairage actuelles. C’est essentiellement cela, la mesure de lumière : vous testez la lumière avec les réglages que vous avez saisis dans votre appareil ou votre cellule à main pour déterminer quels sont les meilleurs paramètres pour les conditions d’éclairage dans lesquelles vous vous trouvez.
C’est super simple, n’est-ce pas ?! Vous pouvez même varier la lumière que vous testez. Par exemple, si vous faites face à une scène que vous voulez photographier, vous pouvez mesurer la lumière dans les ombres de cette scène ou dans les hautes lumières. Mesurer les différents types de lumière dans une même scène donnera des résultats différents pour les réglages de votre cellule (qu’elle soit intégrée à l’appareil ou à main). Certains photographes choisissent d’ exposer pour les ombres dans leurs images, ils mesurent donc généralement la lumière dans les zones d’ombre. À l’inverse, d’autres photographes choisissent d’ exposer pour les hautes lumières et mesurent donc les parties les plus lumineuses des scènes qu’ils s’apprêtent à capturer. Enfin, certains photographes mesurent la lumière dans les tons moyens pour obtenir une image plus équilibrée. Si vous ne savez pas quelle lumière mesurer, il vous suffit d’expérimenter ! Vous découvrirez quel style vous convient le mieux et ce qui reflète le mieux votre vision en mesurant la lumière de diverses manières.

« À gauche, nous mesurons à la sensibilité nominale du film (EV 0), à droite nous surexposons d’environ +1,5 stop (ou EV 1,5). Nous tenons compte du fait que nous avons réglé la cellule sur le même ISO que celui du film. »
Si ce n’était pas clair auparavant, le film est souple, il adore être exposé de différentes manières et il aime qu’on joue avec lui dans différents types de lumière. Vous pouvez faire tellement de choses avec l’argentique, il vous suffit de pratiquer, de vous amuser et de voir quels résultats vous préférez !
Vous avez une question sur l’indice de pose ou la mesure de lumière ? Ou peut-être voulez-vous simplement nous dire à quel point vous nous appréciez ? Écrivez-nous à ask@carmencitafilmlab.com ! Nous sommes là pour vous aider 🙂




Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !