Nouvelles options de scan de film : Noritsu HS-1800
Nous cherchons en permanence à améliorer le travail que nous livrons et les services que nous proposons. Le Noritsu était clairement la prochaine étape à franchir en tant que laboratoire professionnel, et c’est la raison pour laquelle nous écrivons cet article aujourd’hui. Le processus était un peu inconnu, car il s’agit d’une approche du scan différente de celle à laquelle nous sommes habitués ; mais comme avancer fait partie de notre ADN, la décision a été prise !
Nous avons attendu de l’avoir bien dompté, et le moment est venu pour vous de l’essayer par vous-même =)

Les caractéristiques
Nous pensons qu’il n’est pas juste de dire que le Noritsu est simplement un scanner meilleur ou moins bon : c’est peut-être une saveur légèrement différente de celle à laquelle vous êtes habitué, mais nous croyons que la beauté réside dans la différence et l’unicité de chaque rendu. Aujourd’hui, nous disposons d’un outil qui nous permet de faire des choses qui n’étaient tout simplement pas possibles auparavant, et nous pensons que vous les apprécierez probablement autant que nous !
La première chose pour laquelle le Noritsu est probablement le plus connu, c’est sa taille : de par sa nature de scan, le scanner nous permet de produire des fichiers jusqu’à 5 000 px de large et 6 500 px (645) / 7 500 px (35 mm) de long. Oui, c’est un TRÈS grand tirage !
Pour les photographes un peu geeks comme nous, le Noritsu HS-1800 est capable de produire des fichiers 16 bits, ce qui signifie une plage colorimétrique plus large dans les transitions et les dégradés.
Et enfin, si vous êtes obsédé par le détail dans les ombres et la douceur des transitions, c’est clairement le scanner qu’il vous faut =)
Comparaison côte à côte
Nous avons soigneusement sélectionné quelques images qui, selon nous, représentent au mieux les caractéristiques des deux scanners dans différentes situations de lumière. Il existe des dizaines de comparatifs, nous ne voulions donc pas simplement faire une comparaison côte à côte sur quelques images ; c’est pourquoi nous expliquerons un peu ce que nous apprécions sur chaque image et, à partir de là, vous pourrez tirer vos propres conclusions.
Veuillez noter que ces images ont été retouchées pour correspondre entre elles, car les tonalités dérivent généralement un peu d’un scanner à l’autre, et le contraste dans les hautes lumières et les ombres diffère souvent légèrement. Veillez à lire toutes nos remarques jusqu’à la fin de l’article pour mieux comprendre ce que nous en pensons =)
Hautes lumières et ombres

par Ana Lui
– Imaginez que si vous pouviez augmenter la « Clarté » d’environ +15 sur un scan Noritsu, vous obtiendriez probablement quelque chose de proche du contraste des ombres du Frontier. Cela peut paraître plus « net », mais ne vous y trompez pas : il y a davantage de contraste et, pour cette raison, cela semble plus défini ; mais si vous zoomiez à 100 %, vous verriez plus de texture sur le Noritsu. Au final, on obtient une image plus douce sur le Noritsu, moins « punchy » par exemple, mais dans les zones de hautes lumières, le Frontier s’efforce davantage de conserver le détail et a donc tendance à aplatir un peu l’image, ce qui aide à préserver tous les détails.
La palette tire un peu vers le rouge du côté Noritsu, mais dans ce cas, l’écart n’est pas énorme d’un scanner à l’autre.
Couleur des ombres

par Pia Clodi
– Vous vous souvenez de la tonalité rougeâtre mentionnée plus haut ? Ici, vous pouvez aussi l’apprécier un peu : la dérive colorimétrique est un peu moindre sur le Noritsu et l’ensemble de l’image est plus cohérent ; le contraste est aussi un peu plus « ouvert ». Là encore, nous apprécions une image plus douce sur le Noritsu, mais il est surprenant de voir à quel point il conserve la couleur de la jupe et de la jambe gauche en dessous.
Le punch est du côté Frontier, il n’y a aucun doute. Un contraste plus fort et des couleurs qui ressortent davantage, surtout les bleus ; mais si vous recherchez une image plus réaliste, le Noritsu deviendra probablement votre nouveau meilleur ami.
Netteté globale

par Micmojo
– Un exemple classique de la façon dont les tonalités sont séparées et dont la netteté (ou l’effet d’un masque de flou) se remarque sur le Frontier. Même si cela ne semble pas forcé, le contraste sur les contours est plus élevé sur le Frontier.
Si vous recherchez un scan plus large avec lequel vous pourrez davantage jouer, vous serez peut-être plus attiré par le Noritsu : vous pouvez vous rapprocher très fortement des résultats du Frontier à partir du Noritsu, mais pas l’inverse. Encore une fois, tout est question de « pop » ici. Regardez les gris du sol : vous remarquerez vite que les tonalités de couleur y diffèrent davantage d’un scanner à l’autre ; sur le Noritsu, cela paraît plus monochromatique que sur le Frontier, où les ombres tirent souvent vers différentes couleurs plutôt que vers le gris.
Couleur de peau

par Micmojo
– Les deux scanners peuvent donner des résultats très similaires, malgré les différences mentionnées plus tôt. En reprenant les images précédentes, vous pouvez voir que les oranges tirent un peu plus vers le rouge sur le Noritsu, et parfois même un peu vers le magenta ; ici, il y a une légère différence dans la partie la plus lumineuse de l’image : le Frontier semble avoir des hautes lumières plus élevées, ce qui se traduit par un peu plus de contraste.
Dans ce cas, avec la comparaison côte à côte, nous distinguons à peine des différences : il faut vraiment faire un effort, et ce n’est pas vraiment l’objet de l’image. Mais c’est un cas particulier, bien sûr, et rappelez-vous que nous avons fait quelques ajustements pour obtenir des images aussi similaires que possible sur les deux scanners.
Le ressenti global

par Micmojo
– Cette image résume un peu tout ce dont nous avons parlé, et ce qui est amusant, c’est qu’elle est à l’envers. Nous avons mentionné sur chaque image que le Noritsu produit globalement une image plus douce, mais ici, nous avons le sentiment que ce n’est pas totalement vrai : dans les ombres, le Noritsu offre un contraste plus riche dans les basses valeurs de l’échelle de gris. Faites attention, par exemple, aux contre-jours des feux de la moto au centre de l’image
Sur des images présentant un écart aussi important entre hautes lumières et ombres, et où la majeure partie du contenu se situe dans les zones grises, le Noritsu produit un contraste entre les éléments, ainsi que des couleurs, un peu meilleurs que le Frontier ; néanmoins, vous pouvez voir une tonalité plus monochrome dans les ombres, voire légèrement verdâtre (corrigeable via un split toning), alors que sur le Frontier on distingue des nuances de magenta. Et oui, nous sommes vraiment très nerds/geeks/freaks ici =) Au fait, voyez-vous la différence sur la carnation ? Oui : un peu plus rougeâtre chez notre nouvel ami venu du Japon.
Voir la forêt plutôt que les arbres
La morale de l’histoire ? Nous pensons que c’est le ressenti global qui compte le plus. Vous pouvez devenir très, très geek si vous le souhaitez, mais vous risquez de ne plus voir la forêt à force de regarder les arbres. Prenez du recul et essayez de décider à l’instinct vers lesquelles vous vous sentez le plus attiré. À notre humble avis, si vous aimez avoir de la marge pour l’édition ou si vous êtes vraiment impliqué dans un projet où votre voix est cruciale et où vous devez apporter vous-même les touches finales, le Noritsu est la meilleure option.
À l’inverse, si vous estimez que votre rendu doit être plus abouti, que le contraste prime sur le détail dans vos images et que vous aimez la façon dont les tonalités varient un peu dans les ombres, les hautes lumières et d’une image à l’autre, le Frontier est votre cheval de bataille.
Et attendez, ce n’est pas encore fini…
Le rendu sur le Noritsu
Après de nombreux tests, nous en sommes arrivés à la conclusion que les comparaisons côte à côte ne sont pas toujours la méthode la plus précise pour décider, car les deux scanners peuvent donner des résultats très différents ou très similaires selon l’image. C’est pourquoi nous voulons vous montrer une poignée d’images qui, selon nous, représentent au mieux le rendu du scanner, afin que vous puissiez vous faire une idée globale et choisir entre les deux.
Comme vous pouvez le voir, le Noritsu a parfois un rendu plus « propre », plus cohérent, avec moins de contraste et plus de texture dans le grain. L’une des différences que nous constatons est que, sur le Noritsu, on peut parfois voir des verts plus vifs que sur le Frontier.
Il fonctionne particulièrement bien en paysage et en architecture : lorsque les images ont une grande plage dynamique, le Noritsu nous permet de produire une image neutre qui conserve beaucoup de détails dans toutes les zones ; c’est peut-être un rendu que l’on voit souvent dans des projets artistiques ou la photographie d’essai. Si vous admirez le travail de photographes comme Stephen Shore, Joel Sternfeld ou Alec Soth, etc., vous serez peut-être davantage attiré par ce scanner.
Cela dit, le Noritsu est excellent aussi pour les mariages et le portrait. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Jan Scholz (alias Micmojo) pour explorer les possibilités du scanner et, après quelques essais, il a fait le changement sans hésiter. Plutôt que de dire meilleur ou moins bon, nous préférons y voir des choix différents pour obtenir un rendu plutôt qu’un autre. Consultez la galerie et faites-vous votre propre avis !
Le rendu sur le Frontier
Que faut-il encore dire sur le Frontier ? Si vous avez vu des travaux scannés par nos soins ces 3 dernières années, ils l’ont été sur le Frontier. Il est excellent sur les carnations et privilégie avant tout la conservation des détails dans les hautes lumières, avec ce rendu classique : des tons vifs et un contraste percutant.
Même si nous l’adorons, nous savons qu’il existe d’autres rendus possibles pour les négatifs ; le Frontier produit souvent des verts plus froids, mais il a un contraste très marqué lié à sa façon d’interpréter l’image : parfois c’est incroyable, parfois c’est un peu étrange. Si vous recherchez avant tout la cohérence, ce n’est pas votre tasse de thé, car il scanne une image à la fois et fait légèrement varier la couleur et le contraste à chaque vue. Nous travaillons dur pour corriger cela à chaque commande, mais parfois, il y a des limites à ce que nous pouvons faire.
Impression
Pour les grands tirages, la décision est claire, pour plusieurs raisons. Le Noritsu produit des scans avec plus de texture et l’on peut réellement y voir davantage la structure du grain ; une fois sur papier, cela renforce la netteté, et le grain que vous voyez à l’écran va se fondre dans la texture du papier, au point de devenir imperceptible. Des images nettes et précises, même en grand format, sont désormais possibles à un prix de scan abordable !
D’après notre expérience, le Frontier donne de bons résultats jusqu’à 50 × 70 cm, mais au-delà il commence à s’adoucir, principalement en raison de sa limite de résolution ; et il faut garder à l’esprit que le Noritsu a été conçu pour fonctionner avec un minilab, avec une largeur de papier allant jusqu’à ~30 cm.
Donc, si vous devez agrandir certains travaux et les imprimer en grand, découvrez les scans XXL !
Conclusions
Notre avis ? Il n’y a pas de meilleur scanner en soi, en tant que laboratoire, nous les voyons comme deux outils différents pour se rapprocher d’un rendu spécifique. De la même manière que vous choisissez Kodak ou Fuji, Contax ou Pentax, vous pouvez désormais choisir Frontier ou Noritsu. Cela dit, nous vous encourageons à l’essayer et à vous faire votre propre avis, car c’est la meilleure façon de déterminer la méthode la plus adaptée pour obtenir le rendu que vous recherchez.
Le Frontier est une valeur sûre : nous connaissons désormais toutes ses astuces, et si vous aimez le rendu que vous avez vu chez nous ces 3 dernières années, c’est probablement le scanner qu’il vous faut. Mais même si nous avons aimé et aimons le Frontier, qui est la raison pour laquelle toute cette aventure a commencé à Valence, nous sommes terriblement curieux de voir jusqu’où nous pouvons pousser le Noritsu et ses capacités ! Nous aimons ce que nous en avons vu jusqu’ici et nous savons, au fond de nous, que ce n’est que le début : plus nous travaillerons avec, meilleurs nous deviendrons et meilleurs seront les résultats. Nous y mettons toute notre connaissance et expérience des couleurs et, en même temps, nous avons l’impression d’apprendre de nouvelles choses chaque semaine. Le meilleur dans tout ça ? Cela ne peut que se traduire par de meilleurs scans pour tout le monde !
Comme vous pouvez le voir, sur le formulaire de commande, vous pouvez désormais choisir le scanner que vous préférez, mais cela peut être difficile à décider ; c’est pourquoi nous avons ajouté une 3e option : Le meilleur selon vos préférences. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, grâce à notre expérience, nous choisirons le scanner le plus adapté à vos préférences indiquées sur le formulaire de commande ou aux images de référence que vous avez envoyées à looks@carmencitafilmlab.com. Nous pensons que c’est la meilleure option si vous nous faites confiance pour trancher =)
Pour nous, c’est le ressenti global qui fait la différence. Dans le cadre d’un processus analogique (même si c’est peut-être la partie la moins « analogique »), chaque étape de la chaîne compte, et il est difficile d’énoncer des vérités indiscutables. Nous espérons que ce petit article vous a aidé à mieux comprendre les capacités et les options des deux scanners. Techniquement, il existe un seuil de résolution entre l’un et l’autre, mais comme on dit en Espagne, il y a autant de préférences que de couleurs différentes : l’essentiel est de trouver la vôtre.
Des questions ? Nous serons ravis de les recevoir !
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